The Flash : A quoi sert le personnage d’Iris West ?

The Flash : A quoi sert le personnage d'Iris ?

Nul est besoin de connaitre par cœur l’univers des comics pour se faire une opinion sur les personnages de la série The Flash de 2014. Personnellement, je n’avais pas raté une miette de la série des années 90 dans laquelle acteur John Wesley Shipp incarnait Barry Allen/Flash. Là, j’ai savouré celle de 2014 avec Grant Gustin. Un choix de comédien qui m’a surprise dans un premier temps vue sa carrure. Mais au final, il incarne parfaitement le personnage. Malgré tout, quelques déceptions sont venues se glisser dans mon esprit tout au long du visionnage de la série. Ai-je aimé la série ? Oui, absolument ! Toutefois, et j’en suis désolée, mais mon esprit critique s’est abattu sur la toile telle la foudre sur Barry Allen.

The Flash, une bonne série, mais un instant ado

J’ai souvent eu la sensation d’osciller entre le journal de Bridget Jones et Mc Gyver. Le scénario semble souvent ficelé autour de romances compliquées de collégiens boutonneux au lieu de sublimer l’aspect superhéros. Sans compter qu’il manque quelque peu de noirceur et de profondeur. J’ai, à plusieurs reprises, eu l’impression d’être coincée dans un épisode de Beverly Hills. Les moments les plus intenses résident dans la peur d’Iris et de Barry de se perdre mutuellement et dont on finit par se lasser. Et cette peur saupoudrée d’instants tragiques semble là juste pour compenser le manque d’éclat de certains personnages, surtout celui d’Iris West.

Iris Wells aurait pu être un personnage clé…

Interprétée par Candice Patton, Iris Wells semble au départ très agréable, fiable et solide, avec un but. Mais au fil du temps, son personnage se décompose totalement par de nombreuses maladresses. Sa relation avec Barry évolue mal et entache même la dynamique de groupe. Il n’y a aucune alchimie. Même Jennifer Grey et Patrick Swayze qui ne se supportaient pas avaient réussi à rendre culte l’histoire d’amour de Bébé et Johnny. Ils auraient peut-être dû rester frère et soeur finalement et nous épargner ce presque inceste. On se retrouve rapidement à la fois avec une espèce de pimbêche qui joue à « je t’aime moi non plus » avec Barry et une fervente groupie qui ne semble pas avoir d’existence propre en dehors des exploits de Flash. Ce que j’ai vu, des soubresauts, des tentatives avortées d’en faire un personnage autoritaire. Mais il faut bien avouer qu’elle a le charisme d’une huitre.

Ce n’est pas non plus une bonne journaliste. Il lui manque cette hargne légendaire de Loïs Lane qui aurait tout fait pour pondre un papier plutôt que de se retrouver à écrire les chroniques de Superman, malgré une réelle admiration pour le superhéros. Le Girl Power n’a pas du tout pointé le bout de son nez. Pire, Iris West s’est transformée en une véritable gourde incapable de savoir ce qu’elle veut et qui se cherche inlassablement. C’est à se demander comment elle a pu découvrir le QG de la team Flash…

Fort heureusement, les scénaristes sont parvenus à faire disparaitre Barry (encore) dans la vitesse pure et ont enfin cru trouver un truc à faire à Iris. La team aurait donc perdu le goût de l’héroïsme en l’absence de Flash. On se retrouve soudain face à des petits poussins affolés et qui se réfugient sous les ailes de leur maman adorée, Iris en l’occurrence. Iris West, qui n’avait donc ni saveur, ni personnalité, et qui, visiblement, n’était pas bonne à grand-chose, parvient en six mois seulement à savoir mener des opérations ultra stratégiques et maitriser des techniques de pointe en piratage, décryptage, géolocalisation ou je ne sais quelle autre aptitude inhérente aux génies scientifiques qui dirigeaient StarLabs. Elle mène à la baguette des superhéros ultra puissants devenus très obéissants. Ne manquait plus que le cuir et un fouet et on n’y était… Un peu violent…

Au retour de Flash, le personnage d’Iris devait tellement s’enquiquiner et se morfondre que les scénaristes lui ont permis de s’approprier ses pouvoirs et de créer un mini tsunami dans lequel personne n’est mort noyé fort heureusement. Une prouesse que même Flash ne serait pas parvenu à réaliser apprend-on dans le dialogue. Enfin bon, Iris s’est tout de même montrée magnanime en acceptant de lui rendre ses pouvoirs. J’ai bien ri.

Les personnages stagnent

Globalement, les personnages peinent à s’épanouir et ennuient par leur incessants allers-et-retours entre régression et progression. Le contrôle que tous ont l’air de vouloir exercer sur Barry, à commencer par Joe Wells, par excès d’inquiétude, casse un peu l’ambiance. Mais ouf, ceux de Cisco et surtout celui d’Elongated Man apportent tout de même un peu de fantaisie et de liberté. Une vraie bouffée d’oxygène dans un univers plutôt psychorigide où beaucoup cherchent leur place. Alors que tout à fait entre nous, les dés sont jetés depuis les années 40. Même en altérant un peu l’histoire de base, on n’aurait pas dû se retrouver avec une bande de névrosés limite dépressifs et en constante crise existentielle bons pour une thérapie étalée sur dix ans. Et sincèrement la seule thérapie télévisuelle qui m’a réellement éclatée, c’est celle de Lucifer.

The Flash, un petit oisillon

D’une série basée sur les comics, j’en attendais un peu plus de punch, de conviction et de grandeur. La série est globalement de bonne qualité et les acteurs ont tous un vrai potentiel, pourtant mal exploité. Mais au final, le personnage Flash, pourtant le héros de la série comme son nom l’indique, est étrangement minimisé, traité comme un enfant alors qu’il est largement adulte et possède des pouvoirs extraordinaires qui peuvent lui permettre de se sortir de toute situation la majorité du temps. D’où la presque inutilité du cross-over (néanmoins sympathique), notamment avec Arrow et Supergirl et le néant incarné par Iris. Le personnage n’est pas optimisé et présenté à sa juste valeur, comme s’il y avait une nécessité absolue de faire intervenir systématiquement d’autres protagonistes pour le secourir. Pire, il y avait des speedsters partout jusqu’à la saison 4 à tel point que j’ai cru que la série allait en prendre le nom avec pour devise « sauvez Barry »… Bref on a vraiment l’impression que Flash doit faire ses preuves à chaque instant par un coup d’éclat ou un sacrifice.

The Flash, serait-ce l’histoire de scénaristes qui cherchent à occuper des acteurs ou bien qui ne croient pas en leur personnage principal ?? Auquel cas ils auraient carrément dû titrer la série « The Flash, ce tocard »… Et je suis assez d’accord avec le chroniqueur sur la chaine « Chroniques en série« . Les scénaristes devaient certainement être bien bourrés lors de l’écriture de certaines scènes…

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