7 ans après, des larmes coulent toujours…

Marche blanche Gaëtan Brousseau

De loin, on pourrait croire à une énième manifestation de défense des droits des salariés. Et bien que je tire mon chapeau à tous ceux qui osent ainsi s’exprimer en pleine rue malgré des conditions de manifestation déplorables, ici, il s’agit de bien autre chose, d’une « manifestation » qui me tenait à cœur, de l’hommage d’une mère à son fils Gaëtan. C’est l’histoire d’une disparition et d’un corps que l’on retrouve un an après. C’est l’histoire d’une maman qui mène un combat pendant des années pour savoir ce qui est arrivé à son fils, pour que l’affaire ne soit pas classée, pour que la mort de son fils soit reconnue comme « suspecte ».

Ce 28 avril 2012, la vie de Marie-Ange a basculé. Son fils disparait alors qu’il promène son chien. Marie-Ange fait appel à la Police, elle remue ciel et terre pour le retrouver. En vain. Quelques jours plus tard, un homme la contacte pour lui signifier qu’il a son chien en sa possession. Elle le récupère. Et puis le temps passe, 11 mois plus exactement. De longs mois pendant lesquels la maman désespère de retrouver son fils, usant de tous les médias possibles pour des appels à témoin. Et puis tout s’accélère.

29 mars 2013, un corps est découvert au fond du jardin d’une propriété privée.

3 avril 2013, Marie-Ange doit reconnaitre un portefeuille, une paire de lunettes et bien d’autres objets.

8 avril 2013, le corps est identifié. Il s’agit bien de Gaëtan. L’horreur s’installe dans l’esprit de Marie-Ange, anéantie.

Ce terrain appartient ni plus ni moins à l’homme qui a remis le chien. Ce propriétaire n’est pas inquiété, pas plus que sa femme qui sera auditionnée pour avoir trouvé le crâne du jeune homme, à 8 mètres de son corps. Le couple dit ne jamais l’avoir remarqué bien qu’il se situait à 13 mètres de leur potager qu’ils entretenaient régulièrement. La Police évoque depuis le début de l’enquête une mort par chute accidentelle. Le jeune homme aurait parcouru deux kilomètres à la poursuite de son chien qui aurait pris la fuite. Mais Marie-Ange n’a jamais cru à cette hypothèse car son fils avait une santé fragile et prenait un traitement lourd qui l’empêchait de se mouvoir librement. La plainte de la maman pour séquestration tombe à l’eau. L’affaire est classée en 2014.

Aujourd’hui, Marie-ange est toujours dans l’incompréhension, en quête de vérité, de LA vérité. Elle estime que l’enquête a tout bonnement été bâclée, comme bien d’autres.  A l’origine, elle souhaitait que cette marche blanche ait lieu le 28 avril 2019, 7 années après le drame, jour pour jour. Finalement, famille, amis et sympathisants ont marché le 11 mai, pour Gaëtan, mais aussi pour tous les parents qui ont perdu un enfant. Les rues de Sens se sont emplies d’un long silence ce jour-là. Les automobilistes se sont montrés compréhensifs face à cette peine. La souffrance d’une mère touche inexorablement. Ce jour-là, la joyeuse folie urbaine a fait place à la compassion et l’empathie le temps d’un recueillement.