7 ans après, des larmes coulent toujours…

De loin, on pourrait croire à une énième manifestation de défense des droits des salariés. Et bien que je tire mon chapeau à tous ceux qui osent ainsi s’exprimer en pleine rue malgré des conditions de manifestation déplorables, ici, il s’agit de bien autre chose, d’une « manifestation » qui me tenait à cœur, de l’hommage d’une mère à son fils Gaëtan.

C’est l’histoire d’une disparition un 28 avril 2012 et d’un corps que l’on retrouve un an après. C’est l’histoire d’une maman, Marie-Ange, qui mène un combat depuis des années pour savoir ce qui est arrivé à son fils, pour que l’affaire ne soit pas classée, pour que la mort de son fils soit reconnue comme « suspecte ». Bref, c’est l’histoire d’une mère en quête de vérité.

Marche blanche Gaëtan Brousseau

Sept années se sont écoulées depuis la mort de Gaëtan Brousseau. La machine judiciaire a claqué la porte au nez de cette maman désespérée un 1er décembre 2014 : affaire définitivement classée, sans que son avocat ne soit averti. Cette marche blanche rend hommage à son fils mais également à toutes les familles d’enfants disparus et dont les affaires sont non résolues et classées sans suite.

Comment cette affaire a-t-elle débuté ?

Par une disparition inquiétante le 28 avril 2012, alors Gaëtan Brousseau promenait son chien, un Cavalier King Charles, aux abords de son logement à Paron. C’est la dernière fois que le jeune homme de 25 ans sera aperçu vivant. Le 2 mai, Marie-Ange dépose un avis de disparition. Le lendemain, elle contacte la fourrière afin de savoir si le chien de son fils s’y trouvait. Une heure après, elle reçoit l’appel d’un homme qui dit être en possession de son chien mais ne souhaite pas communiquer son adresse. L’homme dit avoir trouvé le chien dans sa rue le 28 avril 2012 vers 20h.

Onze mois plus tard…

Un officier de police présente une paire de lunettes, un portefeuille et un trousseau de clés à Marie-Ange qui les reconnait immédiatement. Ces objets sont retrouvés le 29 mars 2013 sur un corps sans vie recouvert sous des friches au fond du jardin d’une propriété privée située à Paron à environ 2 kilomètres à pied du domicile de Gaëtan. Marie-Ange dit avoir appris par voie de presse que « l’examen de la dentition a permis de confirmer l’identité de la victime ».

Ce terrain appartient ni plus ni moins à l’homme qui a remis le chien. Ce propriétaire n’est pas inquiété, pas plus que sa femme qui sera auditionnée pour avoir trouvé le crâne du jeune homme, à 8 mètres de son corps. Le couple dit ne jamais l’avoir remarqué bien qu’il se situait à 13 mètres de leur potager qu’ils entretenaient régulièrement. La Police évoque depuis le début de l’enquête une mort par chute accidentelle. Le jeune homme aurait parcouru deux kilomètres à la poursuite de son chien qui aurait pris la fuite. Mais Marie-Ange n’a jamais cru à cette hypothèse car son fils avait une santé fragile et prenait un traitement lourd qui l’empêchait de se mouvoir librement. La plainte de la maman pour séquestration tombe à l’eau. L’affaire est classée en 2014.

Marie-Ange a lutté de toutes ses forces afin que la mort de son fils soit reconnue comme « mort suspecte ». En vain. Sa plainte pour enlèvement et séquestration n’a pas non plus reçu de suite. Ni une étude approfondie du dossier par ses soins, ni plusieurs courriers mettant en exergue des incohérences, dont un transmis au procureur général de Paris resté sans suite, ni le concours de quatre avocats n’ont changé la donne. Les seules réponses qu’elle a globalement reçues sont des factures.

Aujourd’hui

Marie-ange est toujours dans l’incompréhension, en quête de vérité, de LA vérité. Elle estime que l’enquête a tout bonnement été bâclée, comme bien d’autres.  A l’origine, elle souhaitait que cette marche blanche ait lieu le 28 avril 2019, 7 années après le drame, jour pour jour. Finalement, famille, amis et sympathisants ont marché le 11 mai, pour Gaëtan, mais aussi pour tous les parents qui ont perdu un enfant. Les rues de Sens se sont emplies d’un long silence ce jour-là. Les automobilistes se sont montrés compréhensifs face à cette peine. La souffrance d’une mère touche inexorablement. Ce jour-là, la joyeuse folie urbaine a fait place à la compassion et l’empathie le temps d’un recueillement.

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