Fabienne Thibeault, étoile de Starmania passionnée d’agriculture

Fabienne Thibeault évoque ses 40 ans de carrière, son actualité, ses projets. Elle est actuellement en tournée avec un spectacle-hommage à l’opéra rock Starmania créé par Luc Plamandon. Si l’auteure-compositrice-interprète s’épanouit d’un point de vue artistique, elle n’en oublie pas moins ses racines et son amour pour le terroir. Une passion peu commune qui l’habite depuis plus de 20 ans.

A la fin des années 70, Luc Plamandon vous a proposé le rôle de Marie-Jeanne dans Starmania. Comment a débuté cette aventure ?

Je sortais de l’université. Je chantais avec mes copains dans un petit groupe. Et puis je me suis retrouvée dans un festival dans la ville de Québec. Festival auquel assistait Luc Plamandon. Personnellement, je n’avais pas d’ambition de ce type. Je chantais avec mes amis. C’était une rencontre à la fois magique qui m’a fait changer de trajectoire.

Peut-on dire que ce moment marque le début de votre carrière ?

Oui tout à fait. J’étais étudiante. Je sortais de l’université avec un diplôme de Sciences de l’Education. Et j’allais plutôt me diriger vers le métier d’orthopédagogue : aider au niveau des difficultés d’apprentissage avec des techniques particulières.

Votre double album « L’essentiel » est sorti en juin 2017. On retrouve des chansons de Starmania, de nombreux titres qui retrace vos 40 ans de carrière mais également le titre Hélène de Rock Voisine. Pourquoi avoir choisi cette chanson ?

C’est une compilation avec tous les titres importants de ma carrière, des chansons du Québec, des chansons de Starmania, des chansons, pour la plupart en tout cas, des chansons très connues. J’ai repris en fait beaucoup de chansons que des Québécois, ou assimilés Québécois, ont fait connaitre en France et qui sont de Félix Leclerc en passant par Rock Voisine jusqu’à Robert Charlebois. Les grandes chansons du Québec qui ont marqué le public français. Et Rock Voisine, je l’aime beaucoup, en tant qu’artiste. En tant que personne, je ne le connais pas bien. C’est quelqu’un qui a l’air très gentil.

Vous êtes un peu pionnière en matière de voix québécoises en France ?

Oui avant moi, il y avait eu Robert Charlebois, Diane Dufresnes. Ensuite il y en a eu beaucoup depuis 40 ans : Linda Lemay, Cœur de pirate, etc.

Vous avez écrit un livre, « La fille du Saint-Laurent », paru en 2011 ?

Je préfère parler de celui qui va paraitre au mois de février parce que j’y décrit mes souvenirs de Starmania. Je raconte l’enregistrement, les coulisses du spectacle. Que des choses qui se sont passées. Des petites anecdotes sur la création de Starmania. Il y aura tout ce dont je me souviens que nous avons vécu ensemble, des moments difficiles, des moments formidables, la première fois qu’on est entré sur scène, l’état de tension, parce que ce n’était pas évident. Il fallait que ça marche. A l’époque, la comédie musicale n’était pas connue. On marchait sur des œufs. Mais ça s’est bien passé. C’est fou de se dire « il y a 40 ans déjà », avec des chansons qui sont toujours aussi marquantes, aussi importantes et toujours aussi dans l’air du temps.

Comment ce livre va-t-il s’intituler ?

Il va probablement s’intituler « Mon Starmania » par Fabienne Thibeault, la première serveuse automate.

Quelle sera la grande différence avec le récit de « La fille du Saint-Laurent » dans lequel vous racontez l’histoire de Starmania ?

« La fille du Saint-Laurent », c’est un peu toute ma vie et beaucoup du Québec. Je raconte beaucoup le Québec des années 50, mes grands-parents… Là, Starmania, ce sont des souvenirs personnels.

Est-ce l’essentiel pour vous de garder la passion de ce qu’on fait ?

Oui sinon on meurt. Il ne faut pas mourir avant l’heure. Il faut vivre. Il y a beaucoup de gens pour qui c’est difficile me direz-vous. Les temps sont durs. Mais il faut s’accrocher. Il faut garder courage.

Concernant le théâtre vous dites avoir pris plaisir à jouer dans des pièces ?

Oui, j’adore ça. C’est une comédie et on s’amuse beaucoup. Ça fait oublier les tracas et les soucis quotidiens.

Vous avez une passion peu commune pour l’agriculture. Vous avez même été décorée de la Légion d’Honneur et de l’insigne de Commandeur du Mérite Agricole pour votre engagement en faveur du monde paysan et des terroirs français. D’où vous vient cette passion et de quelle manière avez-vous soutenu la culture rurale ?

Disons que depuis une vingtaine d’années, dans beaucoup de régions, j’ai beaucoup coorganisé ou organisé des évènements festifs agricoles et aidé des groupes, des petites filières locales et des associations à obtenir des budgets auprès des élus, auprès des médias, pour avoir un peu plus de visibilité sur le territoire. J’ai aussi travaillé sur la sauvegarde de races agricoles menacées.

Est-ce dû au fait que vos grands-parents étaient du milieu agricole ?

Oui tout à fait. Mes grands-parents étaient paysans et j’ai gardé beaucoup d’intérêt. Je suis très touchée par les difficultés qu’éprouve le monde agricole. Ce n’est pas tous les jours facile pour eux. Mais un intérêt aussi pour les artisans, les commerçants, des métiers comme ça tellement fragiles.