Laura Laune, du talent et un humour parfaitement assumé

Un bout de femme talentueux mi-ange mi-démon sur scène et d’une grande gentillesse…

Vous avez fait du théâtre puis des études d’architecture, et vous êtes entrée dans l’enseignement pour revenir dans le monde du théâtre, vos études étaient juste un filet de sécurité ?

Oui en fait, c’est vrai que j’ai toujours été passionnée de théâtre. Ça a toujours été ce que je voulais faire depuis toute petite. C’est plutôt mes parents qui m’ont dit qu’il fallait avoir un diplôme un peu sûr parce qu’ils avaient un peu peur que ça ne marche pas. Comédien, on n’est jamais sûr. Il n’y a pas beaucoup de sécurité. C’est eux qui m’ont poussée à faire des études.

Sous des airs de « p’tit bonbon », pour reprendre les termes du présentateur du festival, vous avez un humour très cinglant, est-ce un atout finalement cet air angélique ?

Oui c’est sûr, j’ai une apparence, même dans la vie de tous les jours en dehors de la scène… j’ai l’air très naïf, très innocent… c’est un peu la petite fille modèle. Et en plus de ça je suis assez timide et réservée, du coup, ça contribue à renforcer cette image. C’est vrai que sur scène, je me suis servie de cette image pour, finalement, surprendre les gens par des propos auxquels ils ne s’attendent pas en me voyant sur scène. J’ai un peu cultivé cette image et je pense que c’est un avantage.

Vous osez vraiment tout, comment réagissez-vous lorsqu’on remet en question l’un de vos sketchs comme celui de la shoah ?

En fait ça c’est vraiment un épisode particulier. Parce que pour le coup, j’ai un peu été victime de montage. Parce qu’ils ont pris une phrase du spectacle et l’ont sortie de son contexte. L’humour noir, ça se construit, ça s’amène d’une certaine façon. Mais ce genre d’épisode est vraiment anecdotique.

Certains pensent que dans les années 80, il y avait beaucoup de censure. Comment percevez-vous le monde humoristique d’aujourd’hui ?

Ce que je me dis aujourd’hui, c’est que forcément il y a toujours des médias, des télés, des radios qui vont nous dire « tiens ça, on ne peut pas le dire, tu ne peux pas aller aussi loin ». Et je pense que la difficulté, ce n’est pas spécialement « est-ce qu’on a le droit ou pas », je pense que la difficulté a toujours été de ne pas se laisser censurer. Au début, ça m’est arrivé de me faire virer d’émissions parce que j’étais trop trash etc. En fait, on me demandait d’édulcorer mes propos et j’ai toujours dit non, soit vous me prenez avec mon humour, soit tant pis, je ne fais pas votre émission.

Vous aviez déjà remporté pas mal de prix en festivals avant d’être la gagnante de l’émission Un Incroyable Talent. Cette dernière victoire était-elle pour vous plus impressionnante ?

C’est plus impressionnant dans la mesure où ça a eu plus d’impact. Depuis l’émission, il y a beaucoup de propositions de spectacles, beaucoup plus de monde qui vient me voir. Là, les spectacles sont quasi complets tout le temps, c’est génial. Et puis je dirais que c’est aussi une victoire d’être acceptée dans une émission avec mon humour et d’être entourée de gens qui ne me coupent pas, qui me disent « on aime ce que tu fais, vas-y à fond. A ce niveau-là, c’est aussi symbolique parce que c’est la première fois qu’un média me donne cette chance là et puis surtout le fait d’avoir remporté la majorité du public.

Alors, comment est donc née cette fable de la girafe ?

C’était une petite histoire que j’avais apprise à l’école. C’est vraiment une petite histoire de mon enfance avec un lion et une girafe. J’avais envie de reprendre cette petite histoire et de la tourner dans un truc complètement horrible. C’était plus une façon de salir un peu toutes ces choses. C’est vrai que quand on est petit, on nous raconte des histoires, des contes de fées toujours magnifiques et quand on grandit, on se dit que la vérité n’est pas conforme à ce qu’on nous a dit (rires).