SOS Syrie, de nombreux soutiens

SOS Syrie

Les Syriens tentent de survivre sans eau potable dans des camps installés à la frontière, un endroit stratégique pour les bombardements. Lorsqu’ils ne meurent pas sous les bombes, ils meurent de froid, de faim. « Il y a des bijoutiers, des médecins, des chefs d’entreprise. Des gens dans de bonnes situations. Mais du jour au lendemain, ils ont vraiment tout perdu. Nous on pense qu’on est à l’abri. S’il y a des catastrophes naturelles, des inondations, des vagues de froid, c’est là que chacun est là pour l’autre. Nous sommes des frères de l’humanité quel que soit ce qui nous sépare, la religion, la nationalité. En France on dit quelque chose : non assistance à personne en danger. Mais nous, le monde entier, on est en train de voir la situation des Syriens. Si chacun donne un petit peu, on peut sauver quelqu’un » raconte le Dr Hassan El Abdullah qui a vécu une partie de sa vie dans un camp de réfugiés. Il se souvient bien des années noires qu’il a vécu dans les années 60 son pays.

Le Dr El Abdullah se rend régulièrement en Syrie pour venir en aide à la population. Aucune autre association ne s’aventure plus dans ce no man’s land. L’ONU s’est retirée. « Au niveau de l’aide médicale, on a créé deux centres de soins primaires au sud de la Syrie afin de soigner les maladie chroniques. On récupère beaucoup de médicaments ». La sénonaise Loubna a souhaité lui venir en aide. Elle s’est rapprochée de l’association SOS Syrie, qui œuvre depuis 2004 en apportant aide médicale, alimentaire, matérielle et financière aux victimes syriennes. D’autres Sénonais se sont alliés à sa cause, Sarah, puis Bouchra, qui a décidé d’en parler sur Facebook qui a provoqué un raz-de-marée de générosité. Beaucoup de gens ont fourni du matériel médical dont ils n’avaient plus utilité. Des béquilles, des fauteuils roulants, des couvertures, etc. ont été stockés chez elle jusqu’à la venue d’Hassan. Et pour ces femmes, c’est une merveilleuse aventure humaine qui commence.

La Syrie, 15 ans de paix au milieu du chaos, petite rétrospective

De l’histoire du levant on peut retenir la marque indélébile et amère du passage des Français et des Britanniques en Syrie qui n’ont cessé de déplacer leurs pions au détriment du pays et de la population. Son indépendance sera proclamée le 17 avril 1946. La Syrie connaitra ensuite une vraie démocratie. Mais dès 1963, le parti Baas prend le pouvoir et devient un parti unique. En 1970, Hafez alAssad s’impose au sein du parti et devient président. Héritier d’un régime dictatorial, il en augmentera la dimension répressive et instaurera un culte de sa personnalité. C’est la fin des libertés pour les Syriens qui croulent sous une propagande bien huilée et très efficace. Bassel, son fils aîné, était destiné à lui succéder, mais il se tue dans un accident de voiture en 1994. Il fait alors appel à son second fils, Bachar, qui doit quitter Londres et revenir en Syrie. Son destin est scellé. Hafez alAssad meurt le 10 juin 2000. Ses obsèques ont lieu le 13 juin. Bachar est candidat (unique) à la présidence mais il n’a que 34 ans. Et en Syrie, l’accession au pouvoir n’est possible qu’à partir de 40 ans révolus. Qu’à cela ne tienne. Un amendement de l’article 83 de la constitution est voté par le Parlement juste après la mort de Hafez alAssad. Plébiscité par référendum le 10 juillet 2000, Bachar prête serment le 17 juillet et prend la tête du Baas, avec le soutien de la France, des Etats-Unis et de la France.

« Ton tour arrive Docteur »

L’arrivée au pouvoir de Bachar semble providentielle. Il est longtemps perçu comme un réformateur prêt à réinstaurer une démocratie. Les Syriens placent tous leurs espoirs en lui. Mais le rêve tourne au cauchemar. En réalité, le président Syrien maintient la répression et les violences à l’encontre des mouvements populaires d’opposition au régime, et ce, dans l’indifférence générale. Fin février 2011, suite aux chutes de Ben Ali en Tunisie et de Moubarak en Égypte, une quinzaine d’élèves d’une école de Deraa écriront sur un mur de l’école « Ton tour arrive Docteur ». Bachar suivait des études d’ophtalmologie. Les enfants sont emmenés au poste de police et torturés. Les familles manifestent devant le poste de police pour récupérer leurs enfants, en vain. Ces manifestations prennent de l’ampleur. Le sort des enfants de Deraa sera l’étincelle de la révolution qui se répandra dans tout le pays. Puis éclate la guerre civile.