Sylvie Raboutet et Guy Montagné, duo de choc

Le duo de choc mais néanmoins charmant Sylvie Raboutet et Guy Montagné amorce la tournée de son nouveau spectacle « Histoires drôles de couples 2 ». Ces deux comédiens apparaissent dans le paysage théâtral et humoristique depuis de très nombreuses années. Mais c’est toujours avec humour et simplicité qu’ils abordent l’humain et leur complicité est particulièrement touchante. Dans tous les cas, pour eux, « il faut être proche des gens ».

Vous êtes en couple depuis 2003 et vous faites des spectacles ensemble depuis 2007 ou déjà avant ?

Guy Montagné : On est amoureux depuis 2003. On a commencé à travaillé tout de suite après notre rencontre. C’est donc une rencontre amoureuse et une rencontre artistique. La rencontre est surtout du au fait que j’étais au théâtre. Je cherchais un comédien ou une comédienne pour produire son spectacle en « seul en scène ». Et le metteur en scène avec qui je travaillais était un ami de Sylvie. Il m’a donc présenté Sylvie qui souhaitait son « seul en scène ». Et donc j’ai décidé de monter son numéro. Mais c’est un hasard parfaitement fortuit si l’amour est venu planter sa petite flèche dans nos cœurs.

Sylvie, l’humour de Guy, c’est quelque chose qui vous touchait particulièrement ?

Sylvie Raboutet : Oui beaucoup bien sûr. Moi j’ai toujours beaucoup aimé rire, les humoristes femmes, hommes. J’ai toujours aimé le théâtre comique. Il s’avère que j’étais dans un réseau de théâtre plutôt classique… conservatoire de Paris. Donc je travaillais plus avec Mariam Voyer, Hélène Vincent, qu’avec des grands rigolos. Mais j’avais une tendresse énorme pour l’humour. Et j’aimais moi-même faire rire depuis que j’étais toute petite. Donc j’étais pas forcément dans le monde dans lequel j’étais censée être le plus heureuse.

Le classique n’était pas vraiment un choix ?

S.R. : Ca s’est imposé parce que comme j’arrivais de Province à Bordeaux, j’ai fait les grandes écoles d’art. J’ai eu la chance de pouvoir les faire, de rentrer à la Rue Blanche, de rentrer au conservatoire. Après j’ai suivi ce chemin là mais mon plaisir c’était plutôt de faire rire. D’ailleurs la première année au conservatoire j’étais remarquée sur les scènes comiques parce que vraiment j’avais envie de faire rire. L’école c’était pour apprendre le métier.

Est-ce que vous avez dû faire une formation pour apprendre le métier de comique ?

G.M. : Avec le professeur Montagné (rires).

S.R. : Guy m’a vraiment appris le métier. C’est vraiment lui qui m’a guidée.

G.M. : On apprend de toute façon tous les jours. Ça c’est certain. J’ai appris moi-même sur le tas. C’est le public qui nous apprend vraiment, qui nous fait grandir. Tous ces gens de la télévision qui pensent être des professionnels, se mettent le doigt dans l’œil. Déjà le public se déplace parce qu’il a envie de les voir. Ils payent d’avance sans avoir vu. C’est une confiance extraordinaire. Donc derrière on se doit de lui donner le meilleur. S’il est déçu il ne revient pas. C’est pas compliqué. S’il ne rit pas c’est que c’est pas drôle. C’est toute une expérience qui s’acquière au fur et à mesure des scènes qu’on pratique. Il n’y a pas d’autre manière.

S.R. : De toute façon, que ce soit le théâtre classique ou le théâtre d’humour, il y a une chose qui est vrai, c’est la sincérité. Et les gens comiques sont des gens extrêmement sincères. C’est deux métiers qui ne sont pas complètement opposés.

G.M. : On a une manie en France c’est de tout mettre dans des cases, des toutes petites cases, des sous-tiroirs. Il y a le théâtre et puis c’est tout.

S.R. : Oui un comédien doit être capable de faire rire, il doit être capable de faire les deux sinon ce n’est pas un comédien.

G.M. : Et nous, l’avantage supplémentaire qu’on a, c’est qu’on a très vite compris qu’il y a un manque de communication avec le public aujourd’hui. Il y a internet, la télévision, les gens se parlent de moins en moins, ne communiquent pas. Vous entrez dans un magasin, vous dites bonjour, personne ne vous répond. Et pour pallier cet inconvénient, nous on se déplace de magasin Leclerc en magasin Leclerc pour dédicacer nos spectacles en DVD. Ça c’est une proximité du public qui est énorme parce que ça nous permet d’abord de rester présents et de voir la cote d’amour que nous avons auprès du public. Et puis de rester en contact pour leur dire, bon ben on va jouer dans votre région. Ça reste une relation extrêmement familiale et amicale. Ça c’est le plus du spectacle.

S.R. : Un comédien, c’est un artisan. Donc s’il n’a pas ce rapport très intime avec les gens qui s’intéressent à ce qu’il fait, c’est raté. Et c’est vrai que le fait qu’on soit édité en vidéo, les dix sept DVD qui sont tous les spectacles, c’est quelque chose qui nous a rapproché des gens.

La groupie du comique a été votre vrai premier spectacle ?

G.M. : Oui, c’était le premier. Après on a fait « Histoires drôles pour les couples » et là on est en train de sortir « Histoires drôles pour les couples 2 », le retour et attention en sous-titre « On va faire des petits » (rires).

Vous avez terminé votre tournée « Kes’kon va en faire ? ». Et là c’est la seconde édition de « Histoires drôles de couples ». Vous avez donc mis en scène un livre que vous avez écrit « Les histoires drôles de couples » ?

G.M. : Oui. C’est toute une série d’histoires qu’on est allés chercher dans le bouquin qui, elles-mêmes, sont des histoires que nous sommes allés chercher un peu partout dans le monde, principalement à Londres.

S.R. : C’est le royaume de l’humour.

G.M. : Vous entrez dans une librairie, il y a une bibliothèque entière consacrée aux bouquins d’histoires drôles… 

S.R. : Vous allez à Londres, je ne sais plus quelle librairie c’était, et là vous avez un mur  de bouquins d’histoires drôles. Et ça en France, ça n’existe pas.

Vous avez beaucoup de sources d’inspiration ?

S.R. : Oui, c’est la vie, les gens… Même en magasin Leclerc. L’autre jour il y a une jeune fille de l’accueil qui vient nous voir et nous dit j’en ai une bonne à vous raconter. Il y a un monsieur qui vient d’arriver à l’accueil du magasin et il a dit, en parlant de Guy : il est nul votre sosie, il ne lui ressemble pas du tout. Et je dis : comme sosie de Montagné, t’es vraiment à chier chéri (rires).

C’est du sketch tout le temps finalement, même quand vous n’êtes pas sur scène ?

S.R. : Oh oui ! C’est ce que disait Truffaut : « La vie a beaucoup plus d’imagination que nous ». Et c’est vrai. On pourrait jamais imaginer des choses pareilles. Et la vie elle, a une imagination extraordinaire. Si vous êtes attentifs aux gens, si vous les regardez vivre, si vous les écoutez, d’abord, vous apprenez vraiment des choses très intéressantes et en plus des fois c’est amusant.

Les enfants, c’est quelque chose dont vous vous inspirez beaucoup. c’est un sujet qui vous tient à cœur, pour quelle raison ?

S.R. : C’est la lumière du monde. On les a mis dans ce merdier, il faut qu’on essaie de leur donne le meilleur. Il faut être encore émerveillé des choses, trouver que les choses sont incroyables et que vivre est une chose hallucinante. 

G.M. : Il faudrait surtout que chaque enfant, quand il devient adulte, garde son âme d’enfant. Nous on a essayé de garder la nôtre. Il faut résister, il faut garder la tête dans les nuages.

C’est ce qui vous intéresse, mettre ce qu’il y a de plus positif chez l’être humain en avant ?

S.R. : La rentabilité, le profit, ce sont des choses qu’on est en train de mettre en avant à tout prix. Mais il faut penser aussi aux êtres humains.

Votre spectacle n’est pas cher, pourtant vous avez beaucoup d’expérience tous les deux. Vous Guy, vous êtes humoriste depuis au moins Collaro. C’est intéressant pour les gens de pouvoir vous rencontrer pour si peu, de vous voir sur scène… ?

G.M. : Oui, ce qui est satisfaisant c’est de pouvoir couvrir plusieurs générations. Ça a commencé avec les Commissaire Moulin dans les années 73, 74, après dans les grosses têtes jusqu’en 88 jusqu’en 2002 où j’ai arrêté. J’ai arrêté en fait quand ils ont viré Bouvard de RTL. Et puis quand il est revenu, moi j’étais déjà parti dans le théâtre. Ça ne m’a pas tenté de revenir.

Vous êtes en dédicace pendant combien de temps pour les DVD ?

G.M. : Là on part pour une série encore. On a tourné le DVD de « Histoires drôles de couples 2 » en Bretagne à côté de Brest dans une petite ville. Il y a des petites salles très sympas. Pas besoin de grandes salles, ça ne nous intéresse pas. A chaque fois, on essaie de doubler la représentation par une journée ou deux de promo. Même chose, le 18 mars, on va jouer dans une petite ville qui s’appelle Eymet dans le Périgord. Un mois avant on va se retrouver pendant deux jours au Leclerc de Bergerac en dédicace.