Second Life, un marché parallèle

Second Life

Les gens se sont rapidement entichés du net dès son apparition, souvent en utilisant un pseudo, garantie d’anonymat et de liberté d’expression et même d’incarner le personnage que l’on souhaite en quête de quelque utopie. Mais au final, la toile n’est que le reflet de notre société et de ses règles. Les internautes semblent y reproduire inlassablement la réalité dans toutes ses aspérités. C’est le cas de Second Life, univers virtuel quasiment illimité et sans objectif particulier dont le succès a été immédiat. Une page blanche que les résidents pouvaient remplir en toute liberté, notamment par la création de zones de simulation nommées ‘sims’. Les participants de ce jeu de type ‘sandbox’ pouvaient y créer absolument tout ce que leur imagination leur permettait. Animations, véhicules, skins et vêtements pouvaient prendre forme grâce à un logiciel de modélisation 3D et de scripts. Et l’Homme créa.

Ce jeu a depuis pris beaucoup d’ampleur au point d’attirer le monde du business. Non seulement les internautes y ont recréé un monde similaire à la réalité, malgré le jeu de rôles, mais en plus les entreprises s’en ont emparé allègrement dans un but purement marketing. Second Life est désormais capitaliste, un marché parallèle dont l’ode à la mondialisation ne faiblit pas. Mis face à ses faiblesses et/ou à son incompétence, l’être humain y est inéluctablement confronté à une forte concurrence, tant sur le plan social qu’économique, et ce pour presque dis dollars par mois. Un comble lorsqu’on sait que beaucoup de gens se plaignent de leurs conditions IRL.

L’illusion devient tout autant destructrice. Force est de constater que quelque soit le monde, l’être humain finit par y construire tout ce qui l’aura amené à l’échec par le passé. Célèbre concept de reproduction sempiternelle de l’Histoire. Au final, en peut se demander si Second Life, aussi virtuel soit-il, n’était pas qu’une terre de plus à exploiter, un espace susceptible d’étancher la soif de conquête de l’Homme ?